Elle a longtemps tâtonné pour soigner ses cheveux crépus, faute de ressources en français. Aujourd’hui, elle revendique plus d’un million d’abonnés venus s’épargner ses erreurs. Créatrice de contenu malienne installée au Canada, Une Zahra a fait de cette épreuve un engagement, prolongé par TR.I.BU, sa marque de bijoux inspirés des héritages africains.
Au commencement, il y a une chevelure qu’on ne sait pas lire. Les informations fiables sur les cheveux crépus sont rares en français et Une Zahra, qui ne maîtrise pas l’anglais, avance seule et accumule les faux pas. « Mon objectif était simple : aider les personnes qui débutaient comme moi et leur éviter les difficultés que j’avais rencontrées », explique-t-elle.
Cette épreuve aurait pu rester intime. Elle devient une méthode. Par ses vidéos et ses tutoriels, la créatrice rend les connaissances capillaires accessibles et s’attaque à une idée tenace : celle d’une texture réputée difficile, quand elle n’est pas jugée imparfaite. Pour elle, ces cheveux disent l’identité, l’histoire et la beauté africaines. Selon les chiffres qu’elle communique, sa communauté dépasse le million d’abonnés et cumule plus de 10 millions de vues par mois.
De cette conviction est né Afro Love, un mouvement pour l’acceptation et la fierté autour des cheveux crépus. Il vit au rythme de rendez-vous annuels. En 2024, NappyGrin lance une aventure collective autour des routines, des soins et de la régularité. En 2025, le « challenge simplifié » réorganise le programme pour rendre les soins plus faciles à suivre. En 2026, deux parcours voient le jour, un challenge capillaire et une édition consacrée aux locs, auxquels s’ajoute la Méthode UNEZAHRA. D’une édition à l’autre, une relation s’installe, faite de partage, de constance et de progrès que le temps rend visibles.
Mais l’identité qu’elle défend ne s’arrête pas à la chevelure. Elle se porte aussi en bijoux. Passionnée, Une Zahra peine à trouver des pièces à son goût, à la fois authentiques, raffinées et inspirées du patrimoine africain. Elle en imagine et en fait réaliser pour elle-même, avant de comprendre que cette quête pourrait en rejoindre d’autres.
TR.I.BU naît de cette rencontre entre un désir intime et une ambition plus large. Entre perles, symboles et créations contemporaines, la marque défend l’idée que le bijou est à la fois un objet de style et un lien avec la culture et la mémoire. « C’était aussi une manière de donner vie à ma vision du bijou africain : des créations qui célèbrent notre patrimoine et notre savoir-faire, sans jamais faire de compromis sur l’élégance et la qualité », souligne la fondatrice.
Sa curiosité n’en est pas épuisée. Elle développe désormais une gamme de soins pour cheveux texturés, qui la ramène à son point de départ.
Tant de directions, et pourtant une seule signature, que son nom porte déjà. En arabe, « Zahra » signifie « fleur ». « Une Zahra, c’est tout simplement une fleur », confie-t-elle.
Des cheveux crépus aux bijoux, un même fil relie ses initiatives : valoriser ce qui porte une identité. Pour elle, la beauté est un langage, à la fois personnel et culturel. Car ce que l’on porte, sur sa tête comme à son cou, peut aussi raconter une histoire.
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