Riz et maïs au Mali : des ateliers communaux pour renforcer les compétences des jeunes producteurs et dynamiser les chaînes de valeur agricoles
Un projet ambitieux au service de la souveraineté alimentaire
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, le Mali poursuit ses efforts pour renforcer son secteur agricole, pilier essentiel de l’économie nationale et principal levier de sécurité alimentaire. Les filières riz et maïs occupent aujourd’hui une place stratégique dans cette dynamique, avec des perspectives de production particulièrement encourageantes. Selon les projections de la Direction Nationale de l’Agriculture, la production de riz paddy devrait dépasser 3,2 millions de tonnes tandis que celle du maïs franchirait le seuil des 3,8 millions de tonnes au cours de la campagne agricole en cours.
Malgré ce potentiel, de nombreux jeunes producteurs et productrices restent confrontés à plusieurs obstacles : accès limité aux intrants de qualité, faible disponibilité des services de conseil agricole, dégradation progressive de la fertilité des sols et insuffisante maîtrise des techniques modernes de production. Ces contraintes freinent leur intégration dans les chaînes de valeur et réduisent la rentabilité de leurs exploitations.
C’est pour répondre à ces défis que s’inscrit le projet « Renforcement des marchés des intrants et produits du maïs et du riz pour la création d’emplois pour les jeunes au Mali », financé par la Fondation Mastercard et AGRA à travers le programme YEFFA. L’initiative vise à améliorer durablement la productivité agricole tout en créant des opportunités économiques pour les jeunes et les femmes dans les zones d’intervention.
Le conseil agricole de proximité au cœur de la stratégie. L’un des piliers majeurs du projet repose sur le renforcement du réseau des Conseillers Communautaires de Base (CBA), véritables relais entre les producteurs, les services techniques de l’État et les acteurs du marché agricole.

Afin de rendre ce dispositif pleinement opérationnel, une série d’ateliers communaux a été organisée du 4 au 20 mai 2026 dans les différentes communes concernées. Ces rencontres avaient pour objectif de valider la sélection des CBA, clarifier leurs missions, renforcer leurs capacités techniques et faciliter leur intégration dans le système national de conseil agricole.
Les ateliers ont également permis de mettre en relation les CBA avec les services techniques de l’agriculture, notamment les représentants de la Direction Nationale de l’Agriculture, de l’Office du Riz et de l’Office du Niger, afin de créer une synergie durable au profit des producteurs.
Des formations axées sur les bonnes pratiques agricoles.Au cours des sessions, les participants ont bénéficié de formations approfondies sur les bonnes pratiques agricoles et les itinéraires techniques de production du riz et du maïs. Les modules développés par les experts de l’AMEDD ont porté notamment sur : La fertilisation intelligente et la correction de l’acidité des sols ; L’utilisation du phosphate naturel, du calcaire et de la fumure organique ; Les techniques de gestion intégrée de la fertilité ; Le Système de Riziculture Intensive (SRI) ;
La rotation maïs-légumineuses pour améliorer les rendements ;
Les variétés adaptées aux différents écosystèmes agricoles ; Les pratiques agricoles résilientes face aux changements climatiques. Les CBA ont également reçu des fiches techniques détaillées concernant plusieurs variétés de riz et de maïs ciblées par le projet, notamment ARICA-RP4, DKAP-28, Dunkafa, Gambiaka, Nafama, Sotubaka et Soden. Créer un pont entre les producteurs et les fournisseurs d’intrants. Au-delà du renforcement des capacités techniques, les ateliers ont servi de cadre de dialogue entre les fournisseurs d’intrants agricoles et les Conseillers Communautaires de Base.Cette approche vise à rapprocher les semences certifiées, les engrais organiques et minéraux ainsi que les autres intrants essentiels des producteurs ruraux, particulièrement dans les zones éloignées.
Les fournisseurs ont présenté leurs produits, leurs conditions de vente et leurs mécanismes d’approvisionnement. De leur côté, les CBA ont été responsabilisés pour collecter et consolider les intentions d’achat des producteurs de leurs villages respectifs, afin de faciliter la planification logistique et l’anticipation des besoins.
Cette démarche devrait permettre de réduire les difficultés d’accès aux intrants tout en favorisant l’émergence d’un modèle de « livraison de proximité » porté par les jeunes conseillers agricoles. Une meilleure coordination du système de conseil agricole. L’un des résultats majeurs attendus de ces rencontres est l’établissement d’un lien formel entre les conseillers agricoles de l’État et les CBA au niveau communal.
Les participants ont travaillé sur : La définition des mécanismes de coaching et d’accompagnement des CBA ; L’harmonisation des outils de collecte de données ; La création de groupes de communication pour le partage d’informations ; L’actualisation du répertoire des acteurs du conseil agricole ;
La mise en place d’un calendrier de concertation périodique. Cette organisation permettra d’améliorer la remontée des données agricoles, le partage des alertes phytosanitaires et climatiques ainsi que le suivi des activités menées auprès des producteurs.
Une mobilisation collective malgré un contexte difficile. Les ateliers ont réuni les autorités communales, les services techniques, les organisations professionnelles agricoles, les fournisseurs d’intrants, les CBA ainsi que les équipes du projet.
Leur tenue dans un contexte sécuritaire complexe témoigne de la volonté des autorités maliennes, des partenaires techniques et financiers ainsi que des communautés rurales de poursuivre les efforts de développement agricole et de création d’emplois pour les jeunes.
À travers cette initiative, le projet contribue non seulement à renforcer les capacités des acteurs locaux, mais également à bâtir des chaînes de valeur du riz et du maïs plus performantes, inclusives et résilientes. Vers une agriculture plus productive et plus durable.
En misant sur la formation, l’innovation, l’accès aux intrants et le renforcement du conseil agricole de proximité, le projet pose les bases d’une transformation durable des filières riz et maïs au Mali.
La professionnalisation des Conseillers Communautaires de Base, leur intégration au système national de vulgarisation agricole et la création de liens commerciaux durables avec les fournisseurs d’intrants constituent des avancées importantes pour améliorer la productivité agricole, renforcer la souveraineté alimentaire et offrir de nouvelles perspectives économiques à la jeunesse rurale malienne.












